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03 Mar

Synthèse sur le continent américain.

Publié par Frédéric Heuzet  - Catégories :  #terminale, #géographie, #Amérique

Le continent américain, entre tensions et intégrations

 

Introduction.

Loin d'être unifié, l'espace américain peut-être qualifié de bipolaire

 

  1. Des contrastes multiformes.

    1. Des contrastes de développement.

      • Des contrastes criants entre une “Amérique du Nord” riche et développée (EU et Canada) et des Etats parmi les plus pauvres et moins développés au monde ; entre les deux, des situations de développement médians.

        • Prendre quelques exemples p225

           

      • Cela se traduit par une opposition géographique entre centres et périphéries ; des espaces développés, riches, connectés aux flux de la mondialisation : mégalopolis du nord-est des EU, Sudeste brésilien (régions de Sao Pulo et Rio de Janeiro) , aires métropolitaines de rang mondial (NY, Sao Paulo), littoraux touristiques (Cancun et Yucatan au Mexique par exemple) et les espaces périphériques : les régions intérieures, les bidonvilles des grandes métropoles du Sud, les campagnes pauvres (comme le Sertao au Brésil)

         

      • Des sociétés duales issues de la colonisation et confortée par un développement insuffisant : l'Amérique latine est la société la plus duale, avec des inégalités criantes, surtout dans les campganes, et cela affecte particulièrement les communautés amérindiennes :

        • en 2008, le taux de pauvreté continental est de 33%, mais il baisse lentement depuis les le début du XXIe siècle

           

      • Ces contrastes alimentent alors des flux migratoires importants, d'exode rural d'une part, de migrants internationaux d'autre part.

        • A l'échelle nationale, ces flux internes alimentent els grandes métropoles et les bidonvilles

        • A l'échelle continentale, les Etats-Unis et le Canada représentent un “Eldorado” avec un PIB/hbt de 5 (Brésil) à 30 fois (Haïti) supérieur à ceux des autres pays du continent.

 

      • Cependant, les dynamiques économiques récentes permettent à certaines économies émergentes de connaître une amélioration certaine des conditions de vie de pays comme le Brésil, l'Argentine

         

    1. Des contrastes politiques.

      • L'Amérique anglo-saxonne connait une homogénéité autour de la démocratie, bien que les régimes soient différents :

        • république fédérale aux Etats-Unis, monarchie constitutionnelle fédérale au Canada (membre du Commonwealth).

           

      • L'Amérique latine a longtemps été caractérisée par la dictature, ainsi que par les guérillas en réaction à ces mêmes dictatures.

        • Ainsi, le Plan Condor (1976) alliait les dictatures brésilienne, argentine, urugayaine, paraguayaine, chilienne, bolivienne contre leurs opposants politiques

        • les guérillas souvent marxistes (cf. Guevara et l'exportation de la révolution cubaine) sont très actives, notamment en Amérique centrale ; aujourd'hui elles se mêlent aux narco-trafiquants...

 

      • Aujourd'hui la démocratie domine dans le continent américain,

        • Tous les coup d'Etat militaires depuis 1976 ont échoué...

      • s'opposent désormais régimes libéraux (Colombie, Mexique) et régimes socialistes (Cuba, Vénézuela).

 

    1. Des contrastes culturels.

      • La colonisation historique du continent explique l'opposition entre un Nord anglo-saxon, protestant, anglophone (Etats-Unis, Canada avec l'exception culturelle quebécoise) et un Sud (du Mexique à l'Argentine) ibérique, majoritairement hispanophone mais lusophone au Brésil, catholique.

      • Les populations américaines sont hétérogènes : Amérindiens, Européens 'Espagnols, Portugais d'abord, puis Italiens, Allemands et Français), Africains (descendants d'esclaves), et de plus en plus d'Asiatiques ; elles sont plus métissées en Amérique latine qu'en Amérique du Nord.

        • Au Paraguay, les métis représentent 93% de la population totale, 84% au Mexique

      • La Mexamérique : un exemple d'intégration culturelle : la Californie, l'Arizona, le Nouveau-Mexique et le Texas sont les États américains du sud frontaliers avec le Mexique.

        • La minorité hispanique est importante dans ces États : elle représente 42 % de la population du Nouveau-Mexique, 32,4 % de la population californienne (moyenne des Etats-Unis qui est de 13 %).

        • Les Hispaniques/Les Latinos représentent les trois quarts de la population d'une ville comme El Paso et près de la moitié de celle de San Francisco.

      • Il faut nuancer la césure culturelle cependant car le mode de vie des Etats-Unis est largement diffusé sur l'ensemble du continent.

 

  1. Des tentatives d'intégration.

    1. En Amérique du Nord, intégration par le libre-échange.

      • Le continent américain est marqué par un grand nombre d’accords établissant des zones de libre-échange. Le plus marquant est signé en 1994 entre les EU, le Canada et le Mexique (ALENA), soit 450 millions de personnes. L’ALENA se définit par la suppression des barrières douanières, la libre circulation des capitaux, mais sans permettre la libre-circulation des personnes. Il s’agit en fait d’intégrer les potentialités du Canada et du Mexique à l’économie étatsuniennes (ressources canadiennes, main-d’oeuvre et pétrole mexicains) : garantir les approvisionnements énergétiques.

        • Si la hausse des échanges et la croissance des trois économies est une réalité, le Canada et le Mexique sont devenus encore plus dépendants de leur puissant voisin (75 % des exportations canadiennes à destination des EU / 78 % des exportations mexicaines).

           

      • La frontière entre les États-Unis et le Mexique met en contact des territoires dont la complémentarité stimule les échanges. D’un point de vue économique, il s’agit de flux dissymétriques (capitaux des États-Unis investis dans les maquiladoras qui, en retour, alimentent le marché nord-américain en produits manufacturés). D’autres flux sont d’origine douteuse.

        • ainsi, l’argent de la drogue écoulée aux États-Unis alimente le trafic d’armes vers le Mexique.

 

 

      • Aux flux migratoires du Sud vers le Nord, répondent des flux de remises du Nord vers le Sud mais aussi des flux touristiques. Les villes jumelles (Ciudad Juarez / El Paso au Texas ; Tijuana / San Diego en Californie) matérialisent cette intégration territoriale.

         

      • Ces dynamiques d’intégration reposent sur des logiques de fracture propres à une interface entre des pays aux niveaux de développement contrastés. La richesse des États-Unis et la fascination du mode de vie nord-américain attirent massivement les Mexicains. Le faible coût de la main-d’oeuvre et de la vie au Mexique stimule les investissements états-uniens et le tourisme d’achat.

         

      • Cette fracture peut être source de violence et se matérialise dans l’espace et les paysages par des barrières de moins en moins perméables pour les Mexicains. Forts de ce succès, les EU ambitionnent d’étendre cette zone de libre-échange à tout le continent par la création de la ZLEA (zone de libre-échange des Amériques). Bien entendu, les FTN américaines, plus solides et plus étendues que leurs concurrentes, auraient raflé les contrats pour l’exploitation des ressources du continent, au détriment des FTN « nationales ». Voilà pourquoi le projet a été rejeté en 2005 par les pays du Sud du continent.

         

    1. Au Sud, un effort d'autonomie.

      • Relations de l'Am. Latine avec les EU sont ambivalentes : intensité des échanges commerciaux et migratoires mais aussi effort d'autonomie vis à vis de la tutelle des EU

         

      • MERCOSUR : 1991, 5 Etats fondateurs (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay, Venezuela) + des Etats associés (Colombie, Pérou, Equateur, Bolivie) : 270 millions d'hbts ; association pensée comme une alternative à la ZLEA, autour de la puissance émergente du Brésil ; Le Brésil est le principal bénéficiaire du MERCOSUR ; il y a une forme de DIT, à l'image de ce qui se passe au Nord

         

      • Rapprochement du MERCOSUR et de la CAN (Communauté andine des nations) en 2004, devenu l'UNASUR ( Union des nations sud-américaines) en 2008

         

      • il existe aussi une alliance bolivarienne pour les peuples d'Amérique (ALBA) [Simon Bolivar : homme politique surnommé le « libérateur », père des indépendances et des nationalismes sud-américains] qui relance le projet de Bolivar de fédération sud-américaine

         

      • dans l'ithsme centre-américain et les Caraïbes, l'emprise des EU est favorisée par la fragmentation politique et les regroupements existants comme le MCCA (Marché commun centre-américain) ou la Caricom (Communauté des Caraïbes) ont des résultats médiocres

         

      • L'intégration passe par de grands projets :

        • couloirs bi-océaniques de circulation (ex : prolongation de la transamazonienne, axes routiers transnationaux),

        • ponts entre Brésil et Argentine,

        • ouverture sur l'Atlantique pour les pays enclavés

        • aménagement du bassin du Parana,

        • oléoduc Vénezuela-Brésil-Argentine, mais difficultés de mise en oeuvre du fait des contraintes physiques (Chaîne des Andes, Amazonie)

           

    1.  

    1. Quelques territoires spécifiques liés à ces intégrations.

      • La frontière EU-Mexique

        • réaliser un schéma ?

      • Main Street

        • réaliser un schéma ?

      • Miami : aire urbaine de 5,5M d'hbts, 60% de latinos, forte communauté cubaine, soit une métropole d'Amérique latine au coeur des EU ; fort cosmopolitisme qui en fait un pont entre les deux Amériques ; situation d'interface : accueille les flux migratoires (exilés cubains, migrants économiques argentins, touristes dont 4,5M de passagers pour les croisières, narco-trafics), nombreuses dessertes aériennes ; pôle financier majeur en Amérique ; métropolisation de Miami qui commande à la Floride mais aussi à l'Amérique latine.

      • Le poids des EU est lisible à travers l’exemple de Miami et des relations qu’elle a su tisser

 

  1. Des tensions persistantes.

    1. Le rejet de la domination des EU.

      • Hégémonie ancienne, cf. doctrine Monroe, Guerre froide ; soutien aux dictatures bananières (cf. appui de la firme United Fruit Company)

      • Présence militaire importante : Guantanamo, embargo sur Cuba depuis 1961 (économique, commercial et financier à l'exception des produits alimentaires et pharmaceutiques) ; de nombreuses interventions armées depuis les annèes 1950 (Panama, Grenade, etc.) ; participation à la lutte contre les narco-traffics

      • Fort sentiment américain dans de nombreux pays (rejet des gringos), accentué par la crise de 2008 ; axe anti-impérialiste longtemps incarné par Hugo Chavez (mort en 2013) ; rejet à la fois de l'administration américaine mais aussi des FTN

 

    1. Drogue et accès aux ressources : facteurs de tensions

      • Fortes inégalités sociales, sociétés duales : facteurs de violence ; Salvador, Honduras, Venezuela connaissent les plus forts taux d'homicide au monde ; les gangs, les maras, diffusent la violence de Los Angeles à l'Amérique centrale ; la question foncière (inégalités de répartition entre grands propriétaires et petits paysans) et l'accès à la terre sont aussi des facteurs de contestation et de violence en Bolivie, au Brésil (le Mouvement des Sans Terre) ou au Paraguay

      • Violence largement liée au narco-trafic ; impuissance de l'Etat mexicain face aux cartels qui explique la criminalité dans les villes frontalières (Tijuana, Ciudad Juarez)

      • Le contrôle des ressources génère des contentieux mais de faible ampleur ; le pétrole, enjeu de tensions en Alaska entre EU et Canada, entre Vénézuela et Guyana ; la Bolivie réclame depuis longtemps un accès à la mer au Chili ; l'Argentine continue de faire valoir ses droits sur les îles Malouines/Faulklands

 

    1. Tensions nationales et internationales en voie d'apaisement

      • Fin des dictatures dans les années 1980 qui alimentaient des guerres civiles (Salvador, Guatemala) ; seule la Colombie est confronté à une conflit interne (contre les FARCS : Force Armée Révolutionnaire de Colombie, une guréilla communiste)

      • Tensions internationales rares à l'exception de tensions constantes entre Pérou et Equateur : conflit militaire en 1995

      • Contrastant avec les EU, l'Amérique latine est le continent qui consacre le moins de crédits à la défense ; pas d'alliances militaires entre pays d'Amérique latine ; participation conjointe des forces armées du Chili, Brésil, Argentine, Uruguay dans des opérations de maintien de la Paix, notamment en Haïti (depuis 2004 et après le séisme de 2010)

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À propos

Un blog à l'usage des élèves du Lycée Jules Lesven de Brest.